• En souvenir du futur

    31 août. Après avoir passé 10 jours à Budapest, il est temps de rentrer. Nous quittons le Danube, pas celui des ponts, des illuminations et des touristes, le Danube sauvage, qui longe des chemins de sable et des bois, le Danube de l’île de Csepel, le Danube du 21ème arrondissement de Budapest, celui des pauvres. Le séjour a été en tout point agréable et suffisamment long pour que nous soyons contents de rentrer.

     

     

    Pourtant, dans la voiture, au moment de partir, lorsque je regarde mes enfants se retourner une dernière fois pour dire au revoir à leur grand-mère et à leur tante, je me sens tout à coup inexplicablement vulnérable. Mes enfants ne sont pas tristes, je les entends même rire et le moment est beau.

     

     

    Mais il ressemble trop aux adieux de mon enfance, lorsque nous laissions ma grand-mère seule et que ma sœur pleurait dans la voiture, pour me laisser insensible. Le moment est beau mais je sais trop bien que le temps l’aura bientôt transformé en une carte postale que l’on rangera derrière celles des années précédentes, en attendant les prochains souvenirs.

     

    Ma grand-mère va bientôt avoir quatre-vingt onze ans. Et elle ne se souvient plus de rien. 


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