• Accepter d'être un con, finement

    J'ai beaucoup moqué la remise en question qu'aurait provoquée chez chaque citoyen le confinement mais je dois reconnaître, et je le dis sans aucune ironie, que cette période m'a permis de me rendre compte de façon plus précise de toutes les choses que j'avais ratées. Mon syndrome du père parfait m'a fait constater à quel point mes enfants passaient trop de temps devant les écrans, ne lisaient pas assez, avaient du mal à se parler calmement à la moindre contrariété. ne nous aidaient pas suffisamment dans les tâches ménagères et se montraient parfois ingrats.

     

    J'ai repensé aussi à tous ces moments père-fils que j'avais fantasmés : longues balades à vélo, découvertes de paysages féériques, parties de foot mémorables, et combien ils étaient, dans la vraie vie, rares. Après la naissance de ma fille, je m'étais aussi imaginé m'arrêter de travailler quelques mois pour profiter une dernière fois du plaisir simple d'assister à l'émerveillement de la petite enfance. Et il me faut bien admettre qu'il aura fallu une épidémie mondiale pour réaliser ce rêve, à moitié d'ailleurs, car je ne me suis pas arrêté de travailler.

     

    Mais ce confinement m'aura aussi appris que ce n'était pas si grave de rater, que ce n'était pas la peine de se mettre autant de pression quand il s'avérait qu'au fond le simple fait de vivre tous ensemble dans la même maison tous les jours, dormir sous le même toit et partager tous nos repas en famille pouvait se révéler aussi beau.

     

     

    Apprendre à me contenter de ce que j'ai me paraît après ce confinement un défi bien plus ambitieux que la réalisation de tous mes rêves réunis. Et ce n'est déjà pas si mal.

     

     


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