• Chère Fanny, cela fait plus de 7 mois que je me tais alors ce soir je m'autorise quelques mots. Juste pour te dire merci. Pour la chaleur de ta conversation. Pour ta détermination et ta curiosité contagieuse malgré ou à cause de ce désespoir qui te tenaillait et qu'on sentait sourdre au milieu même de tes éclats de rire. Pour cette beauté et cette intelligence que tu portais non fièrement comme une parure mais négligemment comme un simple bagage sans valeur. Car rien ne t'intéressait plus que d'en connaître davantage. Sur les autres. Sur le mystère de la vie. Merci de m'avoir fait découvrir Dakar. De m'avoir fait connaître Fan. Grâce à toi j'aurai su ce que c'est que d'avoir une cousine. C'était bien mais très court.

     

    J'aimerais te dire combien les moments passés ensemble me manquent mais ce ne serait pas tout à fait vrai. La triste vérité, c'est que des soirées comme celles que nous avons passées au Sénégal, nous n'en avons plus jamais vécu ensemble. Le camion qui t'a fauchée avant tes 38 ans aura au moins eu le mérite de me rappeler combien les projets sont à bannir et à remplacer de toute urgence par l'action. Et de me renvoyer en pleine gueule tout ce temps où je n'ai pas cherché spécialement à te voir et qui me ramène à ma médiocre humanité.

     

    Voir ton père, lui qui nous a si souvent fait rire, méconnaissable de chagrin, et tes deux frères s'accrochant à leur mère comme à une bouée mal amarrée dont on ne sait pas très bien où elle va s'échouer, n'a pas été facile. Mais on t'a rendu hommage du mieux qu'on a pu. En essayant d'illuminer une dernière fois notre univers de ta présence, ne serait-ce que quelques secondes, comme cette comète que tu auras été pour nous, mais dont le souvenir de la traînée de poussière nous éblouit encore.

     

     


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires